• Sonia Rousseau

A comme Hubertine AUCLERT


« Jeanne d’Arc fut la personnalisation du féminisme, elle ne tint compte ni des usages, ni de l’autorité des puissants, et elle usa, malgré les hommes, des droits des hommes pour sauver le pays » - 1908




SA NAISSANCE


Hubertine AUCLERT nait le 10 avril 1848 au hameau de Tilly à Saint-Priest-en-Murat, dans l’Allier (03).


AD 03 - 2 E 260 9


Transcription


L'an mil huit cent quarante-huit, le dix du mois d’avril, heure de six du matin, Par devant nous, FRADIER Gilbert Joseph, Maire officier de l’état-c-vil de la commune de St Priest-en-Murat, canton de Montmarrault, département de l’Allier, est comparu Marie DUBOEUF, sage-femme âgée de cinquante-deux ans, domiciliée à la Lichère de cette commune, laquelle nous a présenté un enfant du sexe féminin, née le dix du mois d’avril à six heures du matin en la maison de Jean-Baptiste AUCLAIRE, son père, propriétaire à Tilly et de Marie Joséphine CHANUDET, son épouse, à laquelle Marie DUBOEUF, sage-femme, a déclaré vouloir donner les prénoms de Marie Anne Hubertine. Lesdites déclaration et présentation faites en présence d’Etienne GAUME, âgé de cinquante-six ans et d’Antoine GAUME, âgé de vingt-quatre ans, tous les deux premiers et domciliés à la Léchère de cette commune et ont le déclarant et les témoins après lecture du présent acte déclaré ne savoir signer.


SA FAMILLE

Hubertine est le 5e enfant d’une fratrie de 7, de l’union de Jean-Baptiste AUCLERT et de Marie-Catherine Joséphine CHANUDET.



ARBRE GÉNÉALOGIQUE

Hubertine grandit dans une famille républicaine et dans un contexte de lutte contre les inégalités. En effet, son père était un riche fermier et fut même maire de la commune, et sa mère était engagée en faveur des filles-mères afin de les aides à trouver du travail.


Hubertine est une femme croyante. Elle entra dans une pension religieuse à l’âge de 9 ans, où elle y fit toute sa scolarité. Elle essaya même d’entrer chez les Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, pour devenir religieuse. Elle quitte le couvent en 1864 et sera de nouveau placé en 1866 à Montluçon (03), puisque devenue orpheline. Elle sera écartée du monde religieux en 1869.


Carte postale du Couvent de Montluçon. Source : Geneanet


SON MARIAGE


Hubertine AUCLERT se marie le 5 juillet 1888 à Alger avec LEVRIER Pierre.


Transcription

L’an mil huit cent quatre-vingt-huit, le cinq du mois de juillet à quatre heures du soir,

Acte de mariage de Monsieur Pierre Antoinin LEVRIER, juge de paix à Frenda, né à Celles, département des Deux-Sèvres, le trois juin mil huit cent quarante-neuf, y demeurant, fils majeur et légitime de Pierre LEVRIER, décédé audit Celles le vingt-deux septembre mil huit cent soixante-six et de Marie Julie POMMIER, propriétaire demeurant audit Celles et consentant à ce mariage suivant acte reçu par Me JOUSSEAUME, notaire au même lieu le deux avril dernier, d’une part,

Et de demoiselle Marie Anne Hubertine AUCLERT, sans profession, demeurant rue Levacher, 17, avant à Paris, 10e arrondissement, née à St-Priest-en-Murat (Allier), le dix avril mil huit cent quarante-huit, fille majeure et légitime de Jean-Baptiste AUCLERT et de Marie Joséphine CHANUDET, décédés audit St-Priest-en-Murat, le premier le vingt-deux septembre mil huit cent soixante-un, la seconde le huit juin mil huit cent soixante-sept.

La future déclare sous serment que aïeux sont décédés mais qu’elle ignore le lieu de leur décès, déclaration là nous renouvelée par les témoins ici présentes, d’autre part.

Les publications de mariage ont été faites la première le dimanche premier avril mil huit cent quatre vingt-huit, à midi, et la seconde, le dimanche suivant et affichées aux termes des articles 63 et 64 du Code civil ainsi qu’à Celles et à Paris, 10e arrondissement, sans opposition.

Les futurs époux ont produit et déposé leurs actes de naissance, les actes de décès des père et mère de la future et du père du futur, le consentement de sa mère, les certificats de non-opposition à Celles et à Paris, le certificat de Me MATHIS, notaire, consentant qu’un contrat a été passé le vingt-cinq avril dernier, le tout en bonne forme.

Après lecture faite, aux termes de la loi, des pièces mentionnées ci-dessus et du chapitre Vi, du titre V du Code Civil intitulé : Du mariage, articles 212 et suivants, et après avoir interpellé les futurs époux d’avoir conformément à loi du 10 juillet 1850, à déclarer s’il a été fait un contrat de mariage, ils nous ont répondu oui.

Lesdits comparants ont déclaré se prendre pour mari et pour femme.


En présence des quatre témoins ci-après nommés, savoir :

Mr Junius BENOIT, pharmacien, âgé de trente-quatre ans, Mr Charles LESIRE, employé à la Mairie, âgé de trente ans, Mr Louis LEGUAY, interprète militaire, âgé de quarante-quatre ans, Mr Jules FRESSANGE, négociant âgé de quarante-huit ans, tous demeurant à Alger, ni parents, ni alliés des futurs.


En suite de quoi, Nous, Auguste DUMAIN, Adjoint au Maire de la ville d’Alger délégué pour remplir les fonctions d’officier de l’Etat-civil, avons prononcé Au nom de la loi, que les dits sieurs Pierre Antonin LEVRIER et demoiselle Marie Anne Hubertine AUCLERT sont unis par le mariage.

Et après lecture en présence de tous, ils ont signé, avec Nous, ainsi que les témoins, le présent acte fait double dans le local ordinaire de la Mairie où le public a été admis.



SES ACTIONS EN FAVEUR DES FEMMES


Hubertine rejoint très tôt la Société pour l'amélioration du sort des femmes et l'Association pou le droit des femmes (Victor HUGO en est le président d'honneur).


Elle va aussi être amenée à collaborer avec le journal Le Droit des Femmes, de Léon RICHER.


Sa principale action en faveur des femmes va se concentrer autour du droit de vote de celle-ci. Elle sera même désignée comme la première "suffragiste" française.


En 1876, Hubertine fonde la Société du droit des femmes, qui sera plus tard renommée en Société du suffrage des femmes.


L'année suivante, en 1877, elle lance un appel aux femmes de France "Nous n'avons aucun droit. Si préoccupées que nous soyons du gouvernement de notre pays, nous sommes impitoyablement repoussées de toutes les Assemblées, tant électives que législatives. (...)"


En octobre 1879, elle rejoint le mouvement socialiste et prend part au 3e Congrès national ouvrier.


Hubertine AUCLERT va diffuser un journal durant une dizaine d'années : La Citoyenne. Le premier numéro date du 13 février 1881 et le dernier numéro paraitra le 15 novembre 1891.

  • Dans un numéro de 1885, elle publie "un programme électoral des femmes" où elle dénonce la femme comme étant esclave empêchant la liberté de l'homme.

  • Dans le numéro du 13 février 1887, elle publie sur la question de l'égalité entre hommes et femmes.


NB : Le 15 janvier 1898, une loi est votée, accordant le droit de vote des femmes, sous conditions, pour désigner les juges au tribunal de commerce notamment.


En 1904, elle va interpelle le ministre de la Justine pour crier l'absence des femmes dans la commission du Code Civil. La même année, elle participe à la manifestation place Place Vendôme.


En 1908, elle écrit et publie Le vote des femmes, faisant appel à la campagne électorale municipale en cours où elle ira manifester et renverser une urne. En conséquence, elle est punie par le tribunal à 16 francs d'amende avec sursis...


Hubertine AUCLERT se présente aux élections législatives du XI arrondissement de Paris en tant que candidate, le 24 avril 1910. Sa candidature, ainsi que celles des autres femmes (Renée MORTIER et Gabrielle CHAPUIS) ne seront retenues.


SON DÉCÈS


Hubertine AUCLERT décède le 8 avril 1914 à Paris, dans le 11e arrondissement, à presque 66 ans.


AD 75 - 11 D 248


Transcription


Le huit avril mil neuf cent quatorze, six heures du matin, est décédée en son domicile, rue de la Roquette, 151, Marie Anne Hubertine AUCLERT, née à Saint-Priest-en-Murat, Allier, le six avril mil huit cent quarante-huit, Femme de Lettres, fille de Jean-Baptiste AUCLERT, et de Marie Joséphine CHANUDET, époux décédés ; veuve de Pierre Antonin LEVRIER. Dressé le huit avril mil neuf cent quatorze, une heure et demie du soir sur la déclaration de Edmond BLOUET, trente-cinq ans, et de Eugène MICHELET, vingt-sept ans, employé place Voltaire. Qui lecture faite, ont signé avec nous, Victor PRÉSOST, adjoint au Maire du XIe arrondissement de Paris.





















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